En ce mois d’avril ensoleillé et parfumé, alors que la nature renaît et nous éveille, expliquez-moi pourquoi les politiques et les médias nous gâchent notre optimisme avec des histoires de crise ?
Serait-ce un poisson d’avril ? si seulement !
Serait-ce la faute à la Tulipe ? peut-être !
Car le mois d’avril est le mois de la tulipe. Fleurs éphémères elles nous rappellent la fragilité de nos existences et les folies que la beauté peut inspirer aux hommes. Tulipomanie ou plutôt la première bulle spéculative et financière de l’histoire éclata en février 1637 en Hollande. Elle avait été provoquée par une montée extraordinaire de prix de la bulbe de tulipe suivi d’un effondrement subit qui ruina plus d’un. Au plus fort de la Tulipomanie, en février 1637, les promesses de vente pour un bulbe se négociaient pour un montant égal à vingt fois le salaire annuel d’un artisan spécialisé.
Venue de Constantinople, ou l’on avait habitude d’offrir des bulbes en cadeau, la culture de la tulipe aux Pays Bas date de 1593. Au début du XVIIe siècle les premiers bulbes font leur apparition sur le marché. Des bourgeois fortunés plantent des jardins privés à l’arrière de leur maison. L’époque se passionne pour la création d’hybrides et de nouvelles variétés (les tulipes « cassées », marbrées, flammées etc) créant une demande pour les livres illustrés de gravures.
Jacob Marrel - Tulip Book - ca. 1640
La fleur devient bientôt un article de luxe convoité et un signe de richesse. Les plus convoitées sont celles aux pétales marbrées de couleurs vives dues, on le sait aujourd’hui, à la présence d’un potyvirus, sorte de virus de la mosaïque de la tulipe.
Cet engouement pour la fleur va se retrouver dans la peinture néerlandaise et flamande de l’époque. Alors que les premières natures mortes s’affirment en tant que genre indépendant, quelques variétés monochromes apparaissent, d’abord discrètement, dans les Bouquets de fleurs dont Jan Bruegel l'Ancien se fait une spécialité. Progressivement des peintres comme Roelandt Savery, Balthasar van der Ast, Ambrosius Bosschaert, Jan Davidsz de Heem (ci-dessous), représentent des variétés de formes et de couleurs de plus en plus précieuses, les Rosen, Violetten et Bizarden si recherchées.
Si la rose représente souvent la vanité de la beauté éphémère, la tulipe prend d'autres significations dans l'art. Elle est associée à la fortune et l’ostentation des richesses. Cependant la crise de la tulipe n’affecte pas le genre de la nature morte, où elle continue à s’imposer longtemps après 1637, avec des variétés toujours nouvelles et plus somptueuses, reflétant le succès commercial de cette fleur et l’engouement durable qu’elle suscite chez les amateurs. Ce succès ne s’est jamais démenti et fait d’elle encore aujourd’hui un des fleurons de l’horticulture néerlandaise.
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