La fashion week parisienne s’achève comme elle a commencé : avec un sentiment de tristesse, de nostalgie et d’un espoir forcé, tel un automatisme, comme un sourire qu’on plaque sur un visage par temps de pluie.
La morale a triomphé, même des chiffons. La mode a fait sa révolution. Le Fou du Roi a été mis au pas. Le bourgeois est content. On entre dans l’ère aseptisé et lisse du non goût, du politiquement correct.
La presse a embrayé le pas. Face au plus grand annonceur, la langue de bois était la loi. Tout le monde à crié au scandale tout haut, mais certains osèrent penser tout bas… que Galliano était devenu encombrant, anachronique. Démesuré, hors normes, inspiré, illuminé, génial, déglingué, il était le symbole d’une époque qui n’est plus. D’un monde fait d’excès, se consumant dans le présent, ne pensant pas aux lendemains, se fichant de l’écologie, du politiquement correct, de la morale, de la religion, n’ayant qu’un seul dieu, une seule loi : la création.
Alexander McQueen, Carine Roitfeld, John Galliano…. Le monde n’est plus à la mesure de leur démesure. On peut avoir aimé ou pas leur style, leur talent était indéniable.
Certains ont senti le vent tourner et se sont adaptés. Kate Moss et Lagerfeld sont devenus les idoles d’une culture mondialisée ou la valeur d’une personne est fonction de sa capacité d’adaptation. Il a beau jouer les anticonformistes de service en clamant haut et fort « Si vous voulez du politiquement correct, soyez le. Mais ne venez pas nous emmerder avec ça » mais sincèrement, aussi génial soit il, le Kaiser est loin d’être un Robespierre des podiums. Quant à Kate, si elle n’avait pas été rattrapée et sauvée par des fous comme McQueen au moment du scandale de la poudre blanche, elle n’aurait pas pu faire son mea culpa bobo bourgeois en dessinant des sacs pour Longchamps. Mais qui reste-t-il pour rattraper le pauvre Galliano ?
Comments